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[Contribution]-Présidentielle 2012 : enjeux et controverses (Par O. Faye)

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE, DES ENJEUX ET CONTROVERSES. DÉFINISSONS LE PAYSAGE POLITIQUE DANS UN CADRE RÉPUBLICAIN AFIN DE NE PAS CONFONDRE ADVERSITÉ ET ENNEMI

 Si les opposants du régime exhortent des critiques ouvertes, constantes contre la politique du gouvernement au Sénégal, nous pouvons supposer être  dans une démocratie maintenue assurée par une culture républicaine depuis  notre souveraineté en 1960 dans un contexte géopolitique en Afrique sensible voire expansif, contentieux. Période dans laquelle une partie du continent africain et d’autre pays du monde étaient bien allergiques à toute forme de positionnement politique menant aux pluralités d’opinions ou  mouvements citoyens revendiquant des valeurs démocratiques contre les pouvoirs. Une singularité qui produit depuis toujours une image favorable pour le Sénégal, une aisance pour notre diplomatie et donne confiance aux acteurs économiques et financiers étrangers. La Stabilité d’un pays constitue le premier facteur positif de faisabilité pour les investisseurs.

Cette singularité se mesure 

Rappel : le 15 avril 2011, symboliquement 50 ans après  indépendance du Sénégal se déroulait la conférence périodique intitulée le printemps des pays Arabes au Qatar. Une prise de conscience collectives des politiques et intellectuels des pays organisateurs, posent la démocratie au centre des préoccupations. Pour réagir à la demande des populations considérant comme victimes des régimes aux pouvoirs absolus depuis de nombreuses années, certain pays concernés annoncent  la révision de leurs constitutions. L’état d’urgence abolie aujourd’hui en Syrie était en place depuis 40 ans. Dans ce contexte d’autre chefs d’états s’interrogent et anticipent en sortant du dogmatisme étatique chronique et annoncent des réformes (…) une situation qui précipite certain pays arabe dans l’impasse. La réalité actuelle en Libye est une illustration significative.

UNE DÉMOCRATIE A PRÉSERVER ET UNE JUSTICE LIBRE

 Aujourd’hui le Sénégal est loin de cette posture. Personne ne peut nier objectivement l’évidence du soutien de la démocratie. Attention ! L’opération face aux difficultés sociales, qui consiste d’extraire des clichés en faisant observer des failles tendant à influencer l’opinion pour faire croire  avec prétention, un parfait absolu de la démocratie, motivé par un intérêt électoral est irresponsable. Soyons sérieux : Les sénégalais attendent des propositions issues d’un programme construit et objectif visant  leurs préoccupations urgentes, sécurité alimentaire, santé, éducation, formation, emploi, électricité, infrastructure. Dans toutes démocraties tout en le déplorant, on peut déceler des dysfonctionnements ou imperfections humaines et /ou d’ordre institutionnel. Exemples: le piétinement entre les pouvoirs et des pratiques complaisantes isolées ou dérapage dont on peut observer même dans les dites «grandes démocraties» et soulevées dans les universités; posées comme problématique. En revanche rien ne permet de cautionner les dérives récurrentes d’un régime quel qu’il soit dans une logique d’intérêt non républicain. Le principe et les mécanismes qui régulent cette démocratie doivent être impérativement soutenus par le pouvoir, et respecter par les adversaires du régime c’est-à-dire tous les opposants du pouvoir.  Rien ne peut justifier le non-respect des normes républicaines. Le Sénégal est toujours réputé comme la vitrine de la démocratie Africaine maintenue par les alternances successives, une volonté démocratique qui fait notre fierté, qui s’exprime aujourd’hui par divers aspects objectifs : le multipartisme, la liberté d’opinion provenant de sensibilités diverses traduisant  des prises de positions affichées contre  l’action du gouvernement, la presse écrite et audiovisuelle privées libres et indépendantes, nos prisons ne souffrent pas de détenus politiques. Tout symbolise notre culture démocratique, préservons là.

Une justice libre

La séparation des pouvoirs, notamment l’indépendance des juges vis à vis de l’exécutif et du parlement est cruciale. Les autorités juridiques en l’occurrence les juges,  du  parquet, comme ceux du siège, devront jouir sans conditions d’une liberté d’action dans l’exercice de leur fonction pour parfaire juridiquement le paysage social, politique, économique et financier. Nous ne pouvons  construire une démocratie en l’absence d’une impartialité et d’équité, là où  le pouvoir doit raffermir les règles fixées et prévues par la loi : des conditions adéquates des magistrats en conformité avec les exigences liées à leurs fonctions pour lutter efficacement contre tous les actes illicites, subversifs procédant aux personnes physiques ou morales, quel que soit son origine, (…)  les permettant de dire le droit dans une liberté totale d’intime conviction afin d’ éviter à la fois la récurrence des actes qui ne répond nullement aux normes, déjouant  toute diffusion éventuelle dans la population d’un sentiment quasi général d’injustice.

 Révision constitutionnelle suspectée et désapprouvée

 L’incompréhension et polémique visant la révision de la loi fondamentale introduisant entre autre le ticket présidentiel résidait dans la période pré-électorale. On peut en effet s’interroger sur le moment choisi pour une telle initiative. L’objet et sa motivation suscitée par une partie de l’opinion, notamment l’opposition, le considère comme une  opportunité électorale pour le régime de se maintenir dans l’intérêt de la classe politique au pouvoir. Une thèse non-justifiée mais l’interrogation qui motive cette opposition est largement compréhensible face à cette idée suspecte à juste titre. En revanche  l’implication pour tout  citoyen dans la construction de son pays est légitime, responsable. Évoqué une incompatibilité par le fait qu’un père est président ressort du non-sens voire de la facilité. Le Sénégal a besoin de tous ses enfants, l’adhésion politique est admise si les règles démocratiques sont respectées. Croire que le président aménage un cadre  en révisant  la constitution pour favoriser son fils Karim  face à l’opinion internationale relève d’une légèreté, une absence d’objectivité et une méconnaissance des sénégalais face à l’incohérence avérées d’une mesure politique de cette dimension. Il faut reconnaitre que le président Wade est resté dignement plus d’un quart de siècle dans l’opposition, marginalisé (sous le régime de Senghor)  sans créer des discordes politiciennes face à ses adversaires pour arriver au pouvoir. Cet état de fait objectif  évacue, et affaiblit  toutes  insinuations  portant sur le sujet d’un éventuel favoritisme père-fils. Par conséquent rien ne peut réfuter de supposer que Karim wade est conscient– vue le parcours du père– que seul le travail constitue le seul moyen  méritant et fiable pour réussir. On ne peut pas réprimander Wade d’un air triomphant à propos de sa politique, ses bonnes intentions et réalisations, son attachement vis à vis de son peuple et son  implication dynamique, intellectuelle  culturelle rénovant sur le plan  économique et social. Acceptons que ce projet de révision fût caractérisé  par l’absence de deux d’instruments majeurs de la démocratie : un débat contradictoire préalable sur le sujet de révision, démontrant son intérêt républicain, débat animé par des journalistes,  avec la participation des leaders politiques, intellectuels et des représentants de la société civile, sachant que le peuple dispose d’un droit d’initiative populaire pour exiger un referendum de ratification d’une loi quelconque si celle-ci n’a pas été votée. Il faut admettre que le pouvoir a montré une maturité et une responsabilité républicaine en retirant le projet.

Les adversaires de wade sur sa candidature sont-il motivés par un principe ou une opportunité politique pour arriver au pouvoir ?

La légitimité ou non du président pour sa candidature qui se borne que sur des interprétations d’intérêt partisan de part et d’autre  du texte constitutionnel n’a aucun sens. Dans la forme l’avis des constitutionnalistes est tout à fait admis en revanche dans le fond Il n’y a  pas lieu d’être un expert  en droit constitutionnel pour comprendre que le conseil constitutionnel dans un état de droit est seul apte pour trancher et sa décision est formelle sans recours possible. Evitons d’exposer le pays vers une instabilité. Nous ne pouvons nier l’adhésion de grand nombre de sénégalais en faveur de la candidature de Wade, la démocratie impose ce respect. IL est aussi absurde de proposer un referendum pour trancher sur  la candidature de Wade. Si ses adversaires objectent en considérant l’impopularité de sa candidature, alors l’élection présidentielle constituera l’outil institutionnel légal pour trancher au suffrage universel. Sachant que les bases d’une élection transparente sous le contrôle d’une commission indépendante et extérieure sont effectives pour  février 2012 afin d’éviter toute contestation qui peut ternir l’image du pays. Songeons à débattre sur des questions de l’histoire et le rôle juridique et décisif du conseil constitutionnel. Le Sénégal est un pays de grands hommes et de femmes qui ont une conception culturelle de justice très  forte. Il faut informer l’opinion avant de laisser place au conseil constitutionnel de trancher.

LE 23 JUIN

Une date historiquement significative et conséquente. Elle  met en évidence une présence de la souveraineté populaire et renvoie aux politiques de tous bords que leurs mandats est un contrat moral entre le peuple et les élus. Cette réalité impose une prise de conscience. Le paysage politique, intellectuel et civil doit  produire des idées républicaines de développement dans les débats libres et constructifs en  affichant une exemplarité dans toutes les circonstances pour le bien des populations, bannir et condamner les attaques personnelles stupides, aberrantes et sans fondement ni légitimité. Il ne faut pas confondre adversité et ennemi. Les adversaires d’aujourd’hui peuvent être les partenaires de demain car nos convictions ne sont pas forcément fondées  par une idéologie figée mais plus sur une vision   qui assure des perspectives de développement imposées par la rapidité des évènements provoqués par la mondialisation des  finances et de l’économie. Le Sénégal n’a pas les moyens d’entretenir un désordre politique et social surtout évitable, nous sommes un peuple de paix.

Ousseynou faye / oussenoufaye@yahoo.fr

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1 Commentaire

  1. merci Mr faye pour cette analyse pertinente à tout point de vue il faudrait savoir raison garder et dignité préserver.

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