Finale du Concours du Meilleur Boulanger du Sénégal

4 candidats, 2 voyages et du suspense au bout du fil

 Première surprise et non des moindres, le jury s’est étoffé avec les arrivées d’Henryk Deschacht, éminent expert en boulangerie pâtisserie, fraîchement arrivé de la Belgique et Cheikh Mbengue, un autre spécialiste. Ils ont rejoint le président Hakim Aief, Souleymane Seck, Lionel Villepontou, Ibrahima Diop et Amadou Gaye, ce matin, aux Grands Moulins de Dakar. Les candidats Mamadou Diop, Khadim Diop, Bamba Diop et Abdoulaye Ly, sous les yeux du Directeur Général des Grands Moulins de Dakar, Frank Bavard, ont fait étalage de leurs connaissances lors de ce premier concours initié par la Fédération Nationale des Boulangers du Sénégal. Lequel concours a été rehaussé par la présence du Colonel Daouda Diop, directeur de l’administration pénitentiaire et de l’Inspecteur Samba Diouf.

Le règlement disposait que chaque candidat devait présenter 5 thèmes dans un délai de quatre heures. Un peu plus, serait synonyme de perte de points pour ces quatre qui ont passé admirablement les qualifications. Le suspense continuera de durer puisque les résultats seront proclamés durant le mois prochain.

Bamba Diop dira au sortir de son face avec le jury : « la finale était très difficile car lors des quarts de finales, nous avions eu droit à 3 thèmes, 4 pour les demi et 5 pour la finale. Cela change surtout que le temps accordé était de 4 heures. Pour ma part, je garde le moral et je pense avoir des atouts dans cette compétition. J’ai pu finir avant les 4 heures. Grâce à ce concours, nous sommes devenus des professionnels et rien qu’avec cela, nous n’avons plus le droit à l’erreur. Je suis pleinement conscient que cela va ouvrir des perspectives, il ne nous reste qu’à nous concentrer sur notre métier. »

Khadim Diop, de son côté a soutenu : « j’ai travaillé en respectant les normes même si j’ai épuisé mon temps de quelques 10 minutes. La conception de la pate feuilletée m’a pris un peu plus de temps vu que je voulais faire un pain de qualité en veillant aussi à la qualité. Les épreuves pour l’essentiel sont abordables et j’ai bon espoir après avoir conçu du pain blanc, brioche, viennoiserie, pavé, libre. Que le meilleur gagne. »

Abdoulaye Ly, lui s’est voulu plus que confiant pour l’avenir et surtout pour les perspectives qui s’offrent aux boulangers, nouvelle  version : « c’était extraordinaire et quelque soit le résultat, cela ne va rien changer car je suis devenu un professionnel. Avant d’être candidat, j’avais déjà un bon niveau et grâce à ce concours, j’ai beaucoup appris notamment la solidarité et l’amitié dans le métier. J’ai mesuré aussi l’importance de l’hygiène dans le travail. Pour les épreuves, j’ai pu finir à temps avec une avance de 5 bonnes minutes. Je suis confiant pour la suite et je ne demande qu’à pouvoir disposer d’un laboratoire pour me livrer à d’autres expérimentations. Je souhaite aussi que tous les projets initiés puissent avoir un suivi. »

Enfin, le dernier de passage, Mamadou Diop, renseignera : « les épreuves ont été difficiles car on s’attendait à avoir plus de 4 heures vu qu’un cinquième thème est venu s’ajouter à la liste. Néanmoins, j’ai pu terminer à temps après avoir conçu le pain thiéré en y incorporant les dattes. Pour ce concours, j’estime avoir beaucoup appris et j’ai pu découvrir des nouveautés ; je suis fier d’avoir pris part à cette compétition. »

Au final, Colonel Daouda Diop, l’invité du jour ne pouvait ne pas s’exprimer surtout après avoir constaté de visu ce que les boulangers formés pourraient réaliser à partir des céréales locales : « je vous félicite d’avoir réussi cette organisation surtout que cela pourrait intéresser les jeunes et aussi renforcer ceux qui sont déjà dans le métier. Avec l’incorporation des céréales locales, l’avantage c’est qu’on mange ce qu’on produit. Cela ne pourra que réduire notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur. Nous disposons déjà d’une boulangerie au Camp Pénal, cela nous assure notre ravitaillement et  permet de préparer les détenus une fois sortis des liens de la détention. Si nous arrivons à les former, il y aura des formations à la chaine et ils pourront s’insérer dans la vie sociale et servir leur pays. Je souhaite que la Fnbs nous accompagne dans ce processus puisque nous distribuons 1000 pains le matin. On pourra grâce aux céréales locales, diminuer la consommation de farine et promouvoir les céréales locales. » Cela commencera sous peu par la signature d’un protocole de partenariat entre la Fnbs et l’Administration Pénitentiaire.

Ibrahima Diop

 

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