Référendum : Le « Oui » mais…des Sénégalais

Les Sénégalais sont allés aux urnes ce dimanche 20 mars. Le Oui semble avoir pris le pas sur le Non, au vue des premières tendances. Toutefois, le Non a opposé une forte résistance jusqu’à emporter la victoire dans de nombreuses zones urbaines et rurales comme Ziguinchor, Thiès, Touba, Darou Khoudoss et à l’étranger comme l’Italie, la Guinée-Bissau, etc. D’ailleurs, les victoires du Oui ont été étriquées comme à Dakar-Plateau où le Oui l’a emporte avec 6338 voix contre 5359 pour le Non.

Les partisans du Oui ont été même surpris de leurs victoires dans les quartiers de Grand-Yoff, fief de Khalifa Sall et de l a Medina où le Maire Bamba Fall a été battu. Dans la plupart ders bureaux de Grand-Yoff, les Khalifistes ont été battus par des partisans du Oui. Aux Parcelles assainies, le Oui l’a aussi emporté même si le Maire libéral Moussa Sy a gagné dans son bureau de vote.

Au vue des tendances globales, les Sénégalais ont certes dit Oui mais avec beaucoup de réserves. Macky n’est plus en effet plébiscité. Des réserves sérieuses ont été émises par rapport à son projet de référendum mais aussi à sa politique. Il devra revoir sa copie en agissant plus dans le sens de satisfaire les besoins des Sénégalais.
Car, il semble bien que si c’est le Oui qui a gagné, cela relève du fait que le taux d’abstention a été très fort.

Ce référendum 2016 a été, en effet, le plus impopulaire du Sénégal sur les quatre organisés jusqu’ici. Celui de 2001 avait récolté un taux d’abstention de 34,26%, alors que celui qui vient de se dérouler risque d’avoir un taux d’abstention qui avoisine les 65%. C’est dire que la plupart des Sénégalais se sont abstenus de voter préoccupés qu’ils sont par d’autres considérations que celles d’aller voter pour un référendum, qui, pour beaucoup, est vidé de son sens depuis que le président Sall a décidé de ne réduire son mandat en cours. Macky devra ainsi non seulement intégrer le fait que les partisans du Non sont nombreux, mais aussi le taux d’abstention très élevé, ce qui ne va ni en sa faveur ni en faveur de l’opposition. N’empêche, c’est un grand camouflet pour l’opposition.

Recul démocratique

A cela s’ajoute un référendum très mal organisé où le comportement des hommes politiques de tous bords a été très déplorable. Ainsi, l’épisode de la fameuse panne de la machine qui confectionne les cartes d’électeurs a été un fait attentatoire au droit de plusieurs centaines de citoyens à aller voter. Qui plus est, de nombreux autres électeurs n’ont pu remplir leur devoir du fait qu’ils étaient manifestement rayés de leurs listes électorales. Ces faits, très curieux, ont été constatés à Dakar notamment à Keur Massar. Pis, comme le fait remarquer l’ancien Premier Ministre Abdoul Mbaye, la couleur orange a été très faible et le Non apposé là-dessus peu visible. A cela, s’y ajoutent des enveloppes non adaptées.

A tous ces maux, il importe d’ajouter la violence qui a émaillé le scrutin. Seydou Gueye de la présidence a dû être exfiltré de son bureau de vote à la Medina où sa délégation a été attaquée. Omar Faye de Leral Askan wi a été arrêté à Rufisque. De nombreux autres citoyens se sont livrés à des scènes de pugilats à Dakar et dans les régions.
A ces faits, s’ajoutent les opérations d’achats de conscience. Les services de sécurité ont dû arrêter des individus qui s’adonnaient ouvertement à cette pratique.

Mais l’épisode le plus malheureux a été surtout la tentative de la fermeture du Groupe de Communication Walfadjri. Le Dg Sidy Lamine Niasse a été informé par Mamadou Kane qui aurait été appris cette information de Yakhame Mbaye. Des policiers sont arrivés peu de temps après sur les lieux pour tenter de défoncer une porte fermée. Walf ne doit son salut qu’à la mobilisation de la population venue nombreuse pour servir de bouclier humain.
Le Directeur de l’Artp a cependant fait remarquer qu’il était simplement question de mettre en garde le groupe à qui l’ont reproche de faire la propagande en faveur du Non.

Un épisode d’autant plus malheureux que le comportement de la Rts dans cette campagne, de prendre fait et cause pour le Oui mérite une réflexion sérieuse dans un Sénégal qui veut conserver son rang de pionnier de la démocratique en Afrique de l’Ouest. Car, tous les faits décrits ont mis en exergue un certain recul démocratique. La passion a pris le pas dans une élection dont le vrai enjeu dépassait le simple vote de 15 points du référendum proposés au peuple. Il s’agissait plutôt, pour l’opposition surtout et la Société civile, de sanctionner un Président de la République qui n’aura pas respecté sa parole de réduire son mandat. Pour elle, il s’agissait de restaurer une certaine orthodoxie morale dans les pratiques politiques au Sénégal. Mais, elle ne semble pas été suivie par le peuple.
C’est la aussi, la leçon à en tirer. Comme quoi, les préoccupations des hommes politiques ne sont pas toujours celles du peuple qui est cependant loin d’avoir plébiscité, une seconde fois, le président Sall.

Assane Samb / Rewmi Quotidien

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1 réponse

  1. Zall dit :

    Oui mai avec un grand MAIS-

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