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Religion, Spiritualité et Développement chez Manjaks

S_NdiayeEn dehors de la nécessité biologique, tout ce que nous faisons, nous le faisons à cause des hommes, et pour les hommes : nous faisons des choses parce qu’ils apprécient, ou pour qu’ils apprécient. Dès lors, chacun de nous agit selon ce qu’il imagine être vrai en lui et dans son environnement : le problème africain est culturel, la solution sera culturelle, et, on ne peut pas parler de culture, sans parler de religion, de spiritualité et de développement.

La religion est un ensemble de rites, de croyances, de récits, de symboles et de dogmes adoptés comme conviction par une société, un groupe d’individus ou une personne.  Elle peut être polythéiste ou monothéiste.

Il s’ensuit que la spiritualité est l’aspiration personnelle ou collective à promouvoir son existence, à partir des dogmes adoptés.

Le développement est donc par définition un système de conception, de promotion et de satisfaction des besoins des générations présentes, qui ne compromet pas ceux des générations futures.

Chez les Manjak, en vertu de cette logique évolutionnaire, tous les engagements socioéconomiques sont précédés par une invocation de Dieu, suivi immédiatement de celle des  Ancêtres (Uci na Siënbatsi ja na Balougoum » ou « Nasiënbatsi na jakan na Balougoum … ». ce qui se traduit par : « S’il plaît à Dieu et aux Ancêtre » ou « Que Dieu et les Ancêtres fassent que … ». Ici, le seul mot que le Code culturel manjak associe au mot « Dieu » est « Balougoum ».

Mais, les hommes étant pressés dans leur besoin d’être soutenus dans les épreuves, de réussir dans la vie, d’être inspiré dans leurs choix, de se protéger contre le mal et les mauvais esprits, le système autorise la sollicitation d’une assistance extérieure auquel cas, les intéressés devront  assumer les conséquences de leurs actes. D’où  l’adage manjak : « Le sort peut et doit être forcé, à l’aide des forces occultes » .

RELIGION CHEZ LES MANJAKS

Dieu a parlé aux Juifs par la TORAH à travers JUDA, aux Musulmans par le CORAN à travers MOHAMED, aux Bouddhistes par le VEDA à travers BOUDDAH, aux Manjaks, il leur a parlé par le KANKALAMA à travers les Ancêtres appelés BALOUGOUMS. Leur haut lieu de Culte, l’équivalent de la MOSQUEE, de  l’EGLISE, de la  SYNAGOUE ou du TEMPLE est le PLËMANN. Tous les Manjaks ou presque, croient au pouvoir des BALOUGOUMS qu’ils considèrent comme des Serviteurs de Dieu. Certains vont même jusqu’à considérer les prophètes du monde comme étant des BALOUGOUMS qui étaient venus accomplir une Mission divine sur terre. La Foi manjak joue par conséquent la même fonction religieuse que le JUDAÏSME, le CHRISTIANISME, l’ISLAM ou le BOUDDHISME. On peut donc l’appeler « BALOUGOUMISME » ou Monothéisme multidimensionnel.

La conception manjak du monde a organisé celui-ci, pour le rendre intelligible, en quatre univers : univers terrestre, univers céleste, univers visible et univers  invisible. Les quatre univers s’interpénètrent et donnent des inters mondes  aux populations composées : inter monde Terrestre visible, inter monde Terrestre invisible, inter monde Visible céleste,  inter monde Invisible céleste.

L’univers terrestre est peuplé des hommes, l’univers visible des génies, l’univers invisible des BALOUGOUMS et l’univers céleste des éléments cosmiques où DIEU règne en maître. BALOUGOUMS et KASSARAK interviennent au niveau cosmique, les GENIES et les DEVINS au niveau temporel. DIEU TOUT PUISSANT  s’adresse à l’homme par

BALOUGOUMS, au peuple par KASSARA. Il reçoit les doléances des hommes par les GENIES, des rapports sur eux  par BALOUGOUMS.

Pour vivre en bonne intelligence avec toutes les forces qui l’entourent, l’homme  manjak  s’appuyer sur les orientations éclairées des BALOUGOUMS, des DEVINS, de KASSARAK au besoin, au moyen d’une louche (KANKALAMA) et de l’eau potable devant le seuil de la Case principale de la Concession, le chef du lignage étant le représentant de la mémoire du groupe, le gestionnaire du patrimoine, l’officiant culturel, le régulateur de la parenté, le coordinateur des règles de conduite, l’ intermédiaire de la Famille auprès des BALOUGOUMS.

Les BALOUGOUMS mangent, boivent, aiment haïssent, punissent ou récompense, rendent compte à DIEU, du comportement de leurs descendants. Ils sont des Gardiens de la Coutume et des règles morales de la Société. Ils  gèrent le pouvoir spirituel et judiciaire des familles.

Les BALOUGOUMS sont justes. Ils n’aspirent qu’a rendre justice aux leurs : les riches ne doivent et ne peuvent pas compter sur leur partialité, ni les pauvres se désespérer de leur justice. Entre eux et les vivants, le sort des uns dépend du comportement des autres.

La Communauté manjak est constituée des membres vivants, des morts et des personnes à naître. La réincarnation étant considérée comme une loi générale de l’évolution, consiste à insuffler à son tour la vie au sein de la Parenté. Dans cette Culture Manjak, on donne parfois un nom à un enfant, parce que sa ressemblance avec un Ancêtre plonge dans une croyance qui, berçant encore l’actualité, continue en l’enfant qui arrive avec le temps.

Le système de contrôle et de protection sociale manjak reconnaît la liberté religieuse, d’expression ou de circulation. Nul n’est tenu de rester avec sa famille, s’il ne le désire pas, ni de croire aux BALOUGOUMS. Il peut douter de tout et le dire haut, sans qu’aucune charge ne pèse sur lui.

SPIRITUALITE CHEZ LES MANJAK

Les GENIES (NGËTCHAAY) sont des entités qui jouent le rôle d’intermédiaires et d’agents de circulation des forces.  Parmi ces entités qui peuvent assister l’homme, le plus mauvais  est le PËWITSI. Lorsqu’une personne sollicite l’action d’un PËWITSIi,  il lui est impossible par la suite d’enrayer son action ou d’annuler le contrat. La puissance ne s’interrompra pas, tant qu’elle n’a pas achevé le travail qui lui a été confié. Le PËWITSI n’a peur de rien. Il accepte toutes les missions, toujours, prêt à poursuivre sa besogne jusqu’à la réalisation de l’objectif fixé. En revanche, il est toujours possible d’arrêter l’action d’un UTCHAAY (GENIE), de rompre le contrat établi avec lui. C’est donc à juste titre que les Manjak ont une préférence pour UTCHAAY.

Au Pays Manjak, les imposants Fromagers aux racines gigantesques et spectaculaires  abriteraient des Génies Bienfaiteurs. Les Manjaks allaient demander à ces Génies de bienfaisance, de protéger le Village des guerres, sauver les femmes en couches, défendre les enfants contre la Sorcellerie, guérir les malades, prendre soin de la Population. Ces Fromagers puissants et majestueux étaient des Hauts lieux de Spiritualité.

«KASSARA ou l’ENVOYE de DIEU était symbolisé par un fagot de bois couvert par un tissu rouge dans lequel se trouverait l’AME de DIEU, KASSARA se déplaçait à travers les territoires, prêchait la bonne parole, recommandait que ceux qui possédaient beaucoup de richesse partagent avec ceux qui n’en avaient pas. Il interdisait de faire couler le sang,  recommandait la fraternité, la paix et le travail. Ces déplacements étaient accompagnés de mort  de sorciers et de miracles. 2000  à  3000 personnes suivaient cette Divinité

Pour l’administrateur colonial (Maria TEIXEIRA 2001), les raisons seraient les suivantes: l’émigration vidait les campagnes, la sécheresse menaçait les récoltes, la domination coloniale s’affirmait de plus en plus, l’Islam se développait et les inégalités se creusaient. Face à ces nouvelles inquiétudes et tourments, Kassara apportait les réponses, ce qui ne semblait pas arranger l’autorité coloniale qui demanda que cesse la tuerie, et que la puissance lui soit livrée. En 1899, la Puissance disparut, alors qu’elle se rendait en territoire Bijagos. Cette option monothéiste n’était rien d’autre qu’une manifestation religieuse collective. Le BALOUGOUMISME peut par conséquent être défini comme étant l’expression décentralisée de KASSARA.

Ceux qui signent, avec NGËTCHAAY,  des contrats qui sont toujours synallagmatiques, croient naïvement quand le succès arrive, que c’est l’œuvre de ces derniers. UTCHAAY ne peut pas faire réussir un homme là où, lui-même, n’est pas le plus gagnant.

Sa vocation est de tromper son collaborateur. Le Manjak initié sait qu’il n’y a pas de véritable réussite sans l’INTERVENTION DIVINE et des BALOUGOUMS. Voilà pour quoi le Manjak en prière ne dira jamais « NASIËNBATSI ja na NGËTCHAAY ou NASIËNBATSI na jakan na NGËTCHAAY », mais, jusqu’à indication contraire : «NASIËBATSI na jakan na BALOUGOUM ou NASIËNBATSI ja na BALOUGOUM » -Que DIEU et BALOUGOUM fassent que … ou S’il plaît à DIEU et BALOUGOUM » -

Lorsqu’un UTCHAY est bienfaiteur, ce qui n’est pas rare, on l’appelle MBOOS (Terre). Et même malgré cette appellation noble, on entendra jamais sinon rarement, le Manjak dire « NASIËNBATSI na jakan na MBOOS » ou NASIËNBATSI ja na MBOOS » – que DIEU et les GENIES Fassent que … ou s’il plaît à DIEU et les GENIES.

UTCHAAY est certes capable de tirer quelqu’un d’une infortune, mais le prix à payer est sans fin, à cause de ses contrats synallagmatiques. C’est la souplesse du Code culturel Manjak et la puissance irrésistible du contrôle artistique du griot (Kabët) qui, en personnalisant les leçons de l’Histoire pendant les Funérailles de chaque Notable, empêche le Manjak de devenir paresseux, parce qu’il ne dit pas ce qu’il est, mais ce qu’il fait ou doit faire en vertu de son Passé historique. On retrouve là le rapport avec le Mariage qui doit être une démarche qui encadre l’histoire de la famille.

Toutes les religions qui entreront en contact avec le BALOUGOUMISME ne seront ni rejetées, ni fusionnées, mais superposées à celui-ci qui garde jalousement son fond culturel : le phénomène de conscientisation (Bëtsaar), le phénomène d’interpellation (Kayëts) et l’organisation rituel du retour des âmes au pays d’origine (Pëtsisand Ngëlassann).

DEVELOPPEMENT CHEZ LES MANJAK

Nous affirmons – comme Christian Roche, Histoire de la Casamance, P 32, Edition Karthala, 1985 – que l’unité de base de la Communauté traditionnelle manjak était le couple conjugal. Il pouvait posséder sa case, son jardin, ses rizières, ses champs. Le couple jouissait d’une autonomie certaine, mais restait lié aux parents, oncles, frères et cousins de la grande famille. Groupés autour du Doyen de la Famille, elle résidait dans une ou plusieurs case (s) construite(s) sur un territoire défini et limité. Quand un nouveau couple se formait, le Doyen de la Famille lui donnait un certain nombre de parcelles nécessaire pour faire vivre son ménage. Elles ne pouvaient être cédées ou vendues car elles appartenaient à la famille, sous la surveillance des BALOUGOUMS. Ne pouvant donc pas continuer à diviser indéfiniment ces terres qui appartenaient à tous et à personne, le Doyen de la Famille commencera à demander aux jeunes couples qui arrivaient, d’aller tenter leurs chances ailleurs, sans oublier les origines.

Le jour du départ de l’émigrant, le Doyen, en présence de la Première Mère, procède aux libations de l’eau potable devant la Case principale pour informer et solliciter l’intervention et la protection des BALOUGOUMS, partout où ira l’émigrant. Il lui donne le conseil suivant : Si tu arrive chez quelqu’un tu trouves qu’il danse d’un pied, apprend à en faire autant. Partout où tu iras, n’oublie jamais tes origines. Ta mission consiste à aller voir et revenir nous apprendre ce que de positif nous ne savons pas encore, banalisions ou soutenions à tort ou à juste titre. Va, mon fils, que Dieu et BALOUGOUMS te protègent ! ».

En migration, le souci principal du jeune homme sera de réussir sa mission, le plus rapidement possible. Il fera tout pour parler les langues qui se présentent,  préférant passer sa propre langue maternelle au second plan.

Il changera de nom au besoin pour avoir la paix et réaliser l’objet de son départ du bercail : trouver du travail, travailler dure et rentrer le plutôt possible rendre compte à la famille..

Le groupe manjak conjugue des modèles de conduites. D’après la direction des vecteurs, il déterminera le choix de ses relations avec la Communauté hétérogène, conformément aux recommandations du Bercail.

Vers les années 1980, un jeune doctorant sénégalais du nom de Amadou Moustapha Diop  traite la question dans sa thèse intitulé « Tradition et adaptation dans un réseau de migration sénégalais : la communauté manjak de France ». Dans son analyse de la gestion stratégique manjak du nom, il affirme à jute titre que les Manjaks prenaient en général le nom de leur tuteur, employeur ou client. Ils renaissaient ainsi en Guinée sous les appellations GOMES, MENDES,  VAZ etc., qui, suivant la mobilité migratoire, deviendront au Sénégal: GOMIS, MENDY,  BASSE …

Le nom d’emprunt  était une arme pour l’émigration économique. C’est ainsi que quand il s’est agit de payer les impôts, de participer aux travaux gratuits de réfection des routes, les Manjaks utilisaient leurs noms d’emprunt comme écran de protection pour se dérober car le nom  recensé par et connu de l’administration, est ignoré par la Communauté villageoise qui ne reconnaissait les siens que par les noms du Terroir.

La philosophie qui sous tendait de cette gestion stratégique du nom était que, en modulant sur le dit et le non dit, les Manjaks en procès d’émigration interne ou externe, passaient à travers les rets de l’administration coloniale qui tentaient de contrôler les déplacements des populations indigènes. Pour changer de résidences, ou aller à la recherche du travail d’une région à l’autre, les Manjaks s’habillaient et se dépouillaient ainsi à volonté de noms extérieurs.

Entre Manjaks, le nom est symbole de communication et de différenciation à la fois. C’est le nom du dedans, le nom d’être qui annonce et révèle la région, le village, le clan, le lignage, la famille d’origine, et par là même, établit des signes de reconnaissance et des stades de distinction : Donner donc son vrai nom, c’est se découvrir.

En face d’un étranger, le Manjak admetait souvent qu’il n’a pas de nom. Cette démarche procèdait moins par complexe que par souci de sécurité. Car pour lui, la mise à nu du nom du dedans peut constituer une faille dans l’armature de l’individu. La connaissance du nom véritable par l’étranger, peut engendrer prise et appropriation de l’âme qui doit retourner un jour au pays d’origine.

Le Manjak, par l’usage des noms avoués ou non avoués, jouait sur les différents registres du dit et du non dit. Le nom fonctionne comme un outil dans les négociations qu’il entretenait avec les groupes hétérogènes. Le nom intérieur protége contre l’élément extérieur, il voile le latent et le caché de l’identité véritable. Il représente une marque de distinction que le groupe esquisse dans ses rapports d’aliénation et d’affinité avec les autres.

La logique sociale du peuple manjak – phénomène de conscientisation et phénomène d’interpellation -  a fini par faire de ce peuple, un peuple à la fois sédentaire et nomade qui a eu à répondre un jour à cette question socioéconomique : Faut-il, à chaque fois que quelqu’un meurt, compromettre le travail pour rapatrier la dépouille mortelle au bercail ou au contraire, enterrer ses morts dans les pays d’accueil ?

A cette question, la réponse du Patriarche ou culturelle était sans équivoque : « Enterrer sur place, mais rapatrier les âmes au moment opportun ». Par cette réponse, la logique de l’organisation rituelle du retour des âmes au pays d’origine était née.

CONCLUSION GENERALE

Aujourd’hui ce qui freine le dynamisme économique des Manjak, c’est la psychose des agressions sorcières. A ce sujet, nous affirmons avec la française Maria TEIXEIRA dont la thèse a été publiée en 2001 par l’Harmattan sous le titre : « Rituels divinatoires et thérapeutiques chez les Manjaks de Guinée Bissau et du Sénégal » que, « dans la réussite comme dans l’échec, les Manjak se trouvent dans une situation problématique. Ceux qui n’accèdent à aucune promotion sociale peuvent se croire victimes de l’attaque d’une personne qui veut empêcher ou entraver leur succès. Ceux qui, au contraire, ont atteint un certain degré de confort et sont parvenus à réaliser leurs projets, craignent les attaques des personnes jalouses. Il est possible aussi de se sentir accusé  par la communauté d’avoir établi un contrat pathogenèse avec des forces maléfiques afin d’atteindre ses objectifs. Ce type d’accord nécessite généralement le contre don d’une vie humaine parmi les descendants de la personne ». Concernant la sorcellerie et le Balugoumisme, « un manjak qui amène son parent se faire soigner, le fait en général dans le plus grand secret afin qu’il ne soit pas suivi par des entités maléfiques qui entraveraient le bon déroulement des soins dont il a besoin. Des funérailles d’un parent peuvent être programmées par le Conseil de famille alors que les soins ne sont pas terminés. Au village, les agresseurs du patient pourraient être entrain d’attendre son retour. Alors, doit-il assister à la cérémonie et s’exposer ainsi aux attaques sorcières ou rester  achever ses soins au risque d’offenser les ancêtres. L’assistant du malade hésite, finit par consulter un devin  qui le sort de l’impasse. La divination donne l’assurance, évacue le doute, tranche le problème, Confirme et certifie la décision à prendre.

Ce qui fait de la culture manjak une vraie civilisation, c’est le fait qu’elle soit régie par un monothéisme multidimensionnel qu’encadrent deux phénomènes : le phénomène de conscientisation (Bëtsaar), et le phénomène d’interpellation (Kayëts). Le Manjak sort  parce que sa tradition, sa religion, sa culture, son fondement philosophique et idéologique veulent qu’il sorte. C’est dans sa vision du monde qu’il trouve l’élément par rapport auquel l’individu doit quitter la Communauté pour aller vivre ailleurs. Ces deux phénomènes de pérennisation culturelle font que partout où l’homme manjak vit, quelque soit la manière dont il est sorti du pays, reste manjak, les yeux tournés vers ses origines. La culture manjak est une culture qui résiste aux soupçons et aux préjugés. L’Orient manjak est son pays d’origine, cette Terre  qui se présente comme un lieu surdéterminé, à valeur toujours positive, un lieu accordé par DIEU et BALOUGOUMS, un domaine où la vie est garantie.

La culture étant l’art de cohabiter, le but de la civilisation, on peut dire que la Civilisation Manjak se caractérise par la recherche de la vitalité dans l’exigence, de l’utilité dans le défit, du débat dans la confrontation des choix car pour elle, il s’agit d’être de son temps dans le rassemblement et le dépassement,  pour une Communauté debout, intelligent, exigeant et entreprenant. Le conservatisme étant une protection contre tout ce qui menace la tradition, comme base de l’ordre intellectuel et de l’adaptation réussie à l’ordre naturel, on peut dire que la logique sociale manjak contient son propre antidote de conservatisme. C’est donc une logique universalisable.

SECKOU NDIAYE

Expert en Citoyenneté

Chercheur Indépendant

Spécialiste de la Culture Manjak

Coordinateur International d’ERPCM

(Espace de Recherche et de Promotion de la Culture Manjak)

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7 Commentaires

  1. Le texte est intéressant, mais pourquoi faut il toujours que les auteurs étalent leurs titres commme les femmes leurs bijoux ?

    Voudrais aussi savoir ce qu’est un Expert en Citoyenneté !

  2. à lire de Doumbi Fakoly
    - Introduction à la prière negro africaine
    - l’origine negro africaine des religions dites révelées
    - l’origine biblique du racisme anti-noir

  3. c très bien a savoir tout ca. merci pour cette contribution instructive mr ndiaye.

  4. Je n’ai pas lu l’article en entier; donc je n’ai pas d’opinion à donner. J’ai connu un certain Seckou Ndiaye il y a plus de dix ans à Paris. Si c’est bien l’auteur de l’article, j’aimerais renouer le contact avec lui.

  5. Je viens de prendre connaissance de l’article de Monsieur Seckou Ndiaye sur la religion, la spiritualité et le développement chez les Manjaks.

    J’avoue ne pas partager son concept du balougoumisme même si je lui reconnait un grand effort de recherches intellectuelles et surtout, l’intérêt d’avoir produit un document qui a capté mon attention. Ce travail qu’il a déjà effectué me permettra de mieux affiner ma réponse par rapport à son concept du balougoumisme. Je suis pas convaincu qu’on pourrait lui donner l’attribut d’une religion si l’on considère unique le caractère rituel et dogmatique que revêt l’ensemble des religions rélévées ou non.

    La pratique spirituelle du Manjaku est très riche en rites et d’ailleurs, c’est ce qui fait le caractère très impressionnant et la beauté de la culture Manjaku. Toute cérémonie est empreinte d’une solennité extraordinaire depuis le commencement jusqu’à l’aboutissement!

    Le mot balougoum fait référence à l’ensemble des forces protectrices d’une famille ou d’un clan ou d’une tribu. Je suis d’accord avec Monsieur Seckou Ndiaye sur le fait que le Manjaku invoque Dieu (Nasieun Batsi = Le Roi du Ciel) avant d’invoquer la puissance protectrice d’une tribu qui est représentée par Balougoum (je signale qu’il n’est point nécessaire de dire les balougoums car l’utilisation du préfixe ba règle le problème du pluriel. En effet ba est le pluriel de na ou fait référence à un ensemble constitué par différents groupes ou entité. A titre d’expemple : Nasieune = Le roi et Basieune = Les rois; Nalolé = Un seul individu ou Balolé = Un ensemble constitué de plusieurs individus ou l’unité de plusieurs entités.)

    Je suis entrain de travailler sur un document pour donner ma contribution sur ce débat que Monsieur Ndiaye a le mérite d’avoir suscité et qui m’a plongé dans des recherches sans précédent car tout ce qui touche mon ethnie m’intéresse et surtout, lorsqu’on parle de certaines notions ou concepts relatifs à ma culture.
    Je reviens sous peu avec d’autres éléments de reponse. Je vous en souhaite une bonne lecture!

    RG

  6. Bonjour,

    Nous mettons en place un projet planétaire pour inaugurer la Renaissance et la Célébration de l’Afrique avec le Professeur Kapet de Bana.

    https://www.facebook.com/bakhonne

    Le but de notre projet est de promouvoir la Culture, la Langue et les Connaissances des Manjaks dans la Monde.

    Accepteriez vous de relayer notre initiative sur votre page Facebook ?

    Par avance merci.

    Seckou NDIAYE
    Président fondateur d’Erpcm, Coordinateur du groupe de Disciples de l’Ecole Itinérante du professeur Kapet de Bana à Paris sur la renaissance et la Transmission de la Mémoire africaine
    Concepteur du projet «  » http://www.bakhonne.com « 

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